La machine s’est emballée hier suite au bug généralisé des PlayStation 3 de type « Fat ». Aujourd’hui, la panne semble déjà derrière nous. Retour sur l’événement, ses causes et ses conséquences.
Personne n’a pu échapper hier au buzz colossal qui a fait suite à la panne touchant des millions de PlayStation 3 lors du passage du 28 février au 1er mars. Pendant plusieurs heures, impossible de savoir d’où venait le problème qui entraînait le code d’erreur 8001050F. Aujourd’hui, tout semble être de retour à la normale. Retour sur cet événement et explications…
Beaucoup soupçonnaient le PlayStation Network d’être coupable, or dans l’après-midi, plusieurs éléments confirmant que le problème venait de l’horloge interne de certains modèles de PlayStation 3 (les PS3 Slim étant épargnées) sont apparus. Une théorie confirmée par les plus téméraires qui, désossant le capot de leur console, ont réinitialisé cette horloge en retirant quelques secondes la piles qui l’alimente. En langage informatique, on appelle cette opération un « Clear CMOS« , vidant la mémoire de la console pour la réinitialiser. Et dans le cas du bug PS3, cela remettait bien les consoles d’aplomb.
L’horloge interne en coupable
Se pose alors la question des modèles concernés. Pourquoi seules les PS3 de type « Fat« , les premières, ont été touchées par ce bug ? Visiblement, c’est la puce utilisée pour gérer l’horloge interne dans ces modèles qui est en cause, indiquant à la console hier que nous étions le 29 février 2010, soit en année bissextile. Un processeur ARM SYSCON qui gère également tout le panneau avant de la console, notamment l’éjection des disques et la mise en veille, en plus de cette horloge. En quoi cela bloquait le lancement de certains jeux ou la connexion au PlayStation Network ? Tout simplement parce que pour se connecter au service en ligne, la PS3 se synchronise aux serveurs de Sony et si la date qu’elle indique n’est pas la bonne, une erreur survient… le fameux bug. Quant aux jeux, ceux qui ne fonctionnaient plus étaient ceux intégrant le système des Trophées. Des jeux qui, en démarrant, se synchronisent là aussi avec le PSN puisque c’est là que sont stockées les informations relatives au compte du joueur et à ses trophées. La tuile.
Mais alors que le problème est aujourd’hui réglé, on peut légitimement se demander si Sony y est pour quelque chose ? A priori, non, puisque les consoles ont commencé à remarcher à partir de 00h01, dans la nuit du 1er au 2 mars. Seul signe persistant de la panne mondiale d’hier, certaines horloges sont déréglées, et il suffit de régler convenablement les paramètres de date et d’heure de sa console avant de pouvoir l’utiliser à nouveau normalement. Sur son blog officiel, Sony déclare : « Nous sommes conscients que l’horloge interne de la Playstation 3 (modèles Slim mis à part) a reconnu l’année 2010 comme une année bissextile. La date ayant été changée du 29 février au 1er mars, nous avons vérifié que tous les problèmes étaient désormais résolus et les utilisateurs peuvent donc à nouveau utiliser leur Playstation 3 normalement. Si l’heure affichée sur le XMB est toujours incorrecte, les utilisateurs peuvent ajuster les paramètres manuellement ou via Internet. Nous sommes désolés pour les soucis que ceci peut avoir causé« .
Une journée folle
En faisant du mauvais esprit, on peut donc dire que Sony – en annonçant hier un délai de 24 heures pour régler la panne – n’a fait que se tourner les pouces en attendant que les consoles repartent après minuit. Bien sûr, la réalité doit être toute autre et il est évident que les ingénieurs de chez Sony ont planché toute la journée sur le problème pour trouver une solution. Solution qui, si elle n’est plus utile maintenant, permettra sans doute à la puce gérant l’horloge interne de la console de reprendre ses esprits à l’avenir, pour empêcher toute récidive. Là où Sony risque toutefois d’être pris à partie, c’est pour ne pas avoir anticipé le problème émanant visiblement d’un composant déjà responsable de pannes similaires dans d’autres appareils électroniques, notamment les baladeurs Zune de Microsoft. Ou pour sa gestion de crise assez hasardeuse, avec trois posts sur Twitter et un billet sur le blog officiel, rien de plus.
Reste que tout le monde est soulagé de voir que le bug n’aura duré qu’une journée. Une journée un peu folle pendant laquelle les joueurs, paniqués de ne plus pouvoir utiliser leur console ou d’avoir perdu des Trophées, se sont souvent rués sur Internet pour trouver une solution, faisant exploser les statistiques des forums et autres lieux d’échanges. Pour ne rien vous cacher, même ici, sur Gamepro.fr, nous avons atteint un record d’audience et l’article annonçant la panne a généré énormément de commentaires. Une folie qui s’est également emparée de la profession. Car les consoles « Debug » dont se servent les développeurs et les journalistes étaient elles aussi concernées par cette panne, la nôtre y compris. Les studios du monde entier travaillant sur un projet PlayStation 3 ont donc perdu de précieuses heures de travail, quand les journalistes venant de recevoir God of War III en version test ont du ronger leur frein de ne pas pouvoir avancer dans leur travail. Kratos, nous revoilà…
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